Le Green IT : un enjeu crucial pour votre entreprise

Le Green IT ? Qu’est ce que c’est ?

Le terme apparaît aux Etats-Unis d’Amérique dans les années 90 en parallèle du boom de l’informatique et est suivi de la création du label “Energy Star” (un programme de l’EPA qui vise à promouvoir l’économie d’énergie dans la conception des produits) . En France nous parlons également de “numérique responsable”. Si nous devons la définir, l’expression désigne l’ensemble des technologies de l’information et de la communication dont l’empreinte économique, écologique et sociale est volontairement réduite pour répondre à des objectifs de développement durable.


Les entreprises investissent aujourd’hui dans cette stratégie car le numérique a pris une place majeure dans nos vies, une place qui représente 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, et qui devrait monter à 8% d’ici 2025.

Le Green IT, ou l’importance pour les entreprises de réduire leur impact sur l’environnement

Pour les entreprises les enjeux sont multiples lors de l’adoption d’une stratégie numérique responsable et durable. Le numérique ayant une empreinte carbone toujours plus importante, repenser la manière de se servir des outils numériques est crucial pour les entreprises. La démarche commence souvent par la création de campagnes de sensibilisation du personnel dans l’objectif de développer de bonnes pratiques en interne. Par exemple, limiter l’envoi de mails avec pièces jointes, éteindre les terminaux en fin de journée, etc.


Ensuite vient la réduction des déchets avec la mise en place d’outils de dématérialisation des documents (serveurs de stockage et partage de documents) ainsi que le tri et recyclage des matériels et des consommables. Cette étape est souvent associée à la virtualisation de l’espace de travail et l’intégration de solutions de travail à distance.
De plus, c’est un système d’information qui favorise le travail collaboratif et permet de centraliser les documents et ressources dans un même environnement, tout en gardant la flexibilité de partager des informations en externe que ce soit par des liens d’accès direct aux fichiers ou de téléchargement.
Dans sa démarche l’entreprise doit aussi repenser son infrastructure en réalisant un audit des équipements existants pour mesurer la consommation énergétique mais aussi l’impact financier sur le long terme. Un choix doit ensuite être fait pour sélectionner du matériel informatique ayant les meilleures performances possible, pour un coût énergétique plus faible. L’objectif est d’amortir l’investissement et réduire l’impact sur le long terme, que ce soit son empreinte carbone ou son impact sociétal. Car la démarche vise à avoir une rotation du parc informatique plus lente et ainsi éviter une certaine forme de gâchis.

L’écoconception pour aller plus loin dans le numérique responsable

Une infrastructure qui consomme moins d’énergie et des économies sur le long terme n’est que le premier niveau de la démarche.
Il faut ensuite observer, analyser et assimiler les usages et besoins des utilisateurs finaux pour nourrir la vision “user centric” et optimiser le processus de conception du produit / service.
L’objectif est simple : répondre au mieux aux besoins tout en créant des services et produit qui répondent à des exigences environnementales fortes (réduction de consommation énergétique, rationalisation des données transférées pour limiter la sur-utilisation des infrastructures informatiques) mais également de nouvelles normes et bonnes pratiques d’utilisation plus efficientes à destination des utilisateurs.Une fois de nouveaux outils déployés, les données d’usage doivent être continuellement analysées pour permettre de maintenir les services et assurer une démarche d’amélioration continue et ainsi réduire le gap qu’il peut parfois exister entre l’expression de besoin qui peut être surdimensionnée et l’usage réel.
L’étude de l’institut Standish Group révèle qu’en moyenne 45% des fonctionnalités d’un site ou application ne sont pas utilisées.

D’après une autre étude réalisée par BVA en 2010 auprès de 400 entreprises Françaises et commandée par l’ADEME (Agence de la transition écologique) dans le but de déterminer combien d’entre elles intégraient une démarche d’écoconception systématiquement :

  • 20% des entreprises déclaraient systématiquement intégrer cette démarche à leur processus.
  • 13% entamaient la démarche.
  • 29% développaient un intérêt, mais n’étaient pas passées à l’action faute de ressources.
  • 38% n’étaient pas intéressées ou estimaient ne pas être concernées.

C’est une approche qui se développe rapidement au sein de plus en plus d’entreprises, poussé par l’évolution de la législation et débouche sur une nouvelle synergie entre les acteurs des filières concernées.

Les leviers économiques et financiers du Green IT

Cela peut paraître contre intuitif, mais la mise en place d’une démarche numérique responsable et durable ne coûte pas forcément plus cher. Cela peut même être un levier d’économie dans une vision de coût complet (coût d’acquisition, d’utilisation et gestion de la fin de vie, réduction de la consommation).


En effet, en investissant dans des équipements et du matériel (que ce soit au niveau des infrastructures ou des serveurs) plus performant, qui intégrera des mises à jours plus longtemps, augmentant ainsi sa durée de vie, la généralisation de l’usage d’outils SaaS et la virtualisation des systèmes permettent également d’allonger la durée de vie du parc informatique des entreprises. Cette démarche permet un développement durable, qui permet donc à terme une réduction des coûts.
Dans cette démarche, les logiciels, les applications et sites web éco-conçus de façon à réduire le besoin en ressources informatiques, et donc la consommation énergétique, tout en répondant aux exigences des utilisateurs auront tendance à durer bien plus longtemps, à condition d’être également évolutifs (mise à jour facile, montée en version des langages, utilisation de frameworks évitant ainsi le risque de devoir refondre le code des applications).


Une gestion fine des aspects économiques qu’implique une démarche Green IT sur vos  projets permet une vision plus claire de l’investissement nécessaire à court terme et surtout optimise l’amortissement et le retour sur investissement plus rapidement. 

Le numérique responsable ne se limite pas à l’énergie, l’économie et l’écologie !

Un numérique responsable ne se limite pas qu’au seul développement durable d’un point de vue écologique. La démarche se veut également sociétale car les volets éthique et inclusif de cette démarche sont importants. L’objectif est aussi de développer la mixité au sein des métiers du numérique, les femmes étant encore sous-représentées dans les professions du numérique et en particulier sur les postes techniques.


C’est pourquoi il est nécessaire pour les entreprises de s’engager pour promouvoir les métiers techniques du numérique au sein des établissements scolaires, forum d’éducation, magazines spécialisés mais aussi d’accompagner. Évidemment le but est de faire découvrir des métiers et peut être faire naître des vocations mais aussi de positionner positivement les entreprises dans l’esprit des jeunes générations.


L’accessibilité est également au cœur de la démarche numérique responsable, l’intégration de personnes en situation de handicap est encore limitée dans les métiers du numérique. Un phénomène qui s’explique en partie par une méconnaissance du sujet au sein des entreprises et par les professionnels du secteur.
L’accessibilité reste pourtant un enjeu majeur car elle concerne 12 millions de personnes en France. L’intégration de ces profils dans les projets est indispensable pour que le numérique reste un outil synonyme d’autonomie.


Se lancer dans un numérique plus responsable implique donc d’examiner l’ensemble des pratiques de l’entreprise, aussi bien au niveau des usages qu’au niveau sociétal.