Bienvenue dans l’ère de l’edge computing

En déportant la puissance de calcul au plus près de l’utilisateur, l’edge computing réduit le délai de latence, optimise la bande passante et offre une sécurisation accrue des données sensibles. Des arguments qui séduisent les DSI et CTO français.

Edge pour la périphérie, computing pour l’informatique. Comme son nom l’indique, l’edge computing consiste à déporter la puissance de calcul nécessaire au traitement des données vers la périphérie du réseau. Les données ne transitent plus par le cloud mais sont traitées en local, au plus proche de l’utilisateur. Il est ainsi possible de poser des serveurs voire un pico-data center dans une usine ou un immeuble intelligent (smart building) afin de collecter et analyser les données générées par les capteurs connectés.

Traiter les informations au plus près de la source de données présente plusieurs avantages. Cela rend possible une réduction du délai de latence, une optimisation de la bande passante, une réduction de la consommation énergétique et une sécurisation accrue des données sensibles. L’edge computing gérant de manière plus frugale leurs ressources énergétiques, les objets connectés gagnent aussi en autonomie.

Certains cas d’usage se prêtent naturellement à l’edge computing. On pense spontanément au véhicule autonome. Face à un obstacle ou un danger, il doit procéder à un freinage immédiat. Pas question d’aller interroger le « nuage » pour arrêter une décision.

L’edge computing permet aussi de répondre aux exigences réglementaires du RGPD, en traitant et en supprimant les données personnelles au plus près de la source, par exemple, dans le cas des systèmes de vidéoprotection. Dans le domaine de l’industrie 4.0, les capteurs d’une usine collectent un volume très important de données qu’il serait coûteux et peu sécurisé d’envoyer dans le cloud.

Cette approche localisée fait aujourd’hui consensus. Même les grands fournisseurs de cloud public, qui ont pourtant bâti leur modèle économique sur la centralisation des données au sein d’immenses data centers, se sont convertis à l’edge computing. Ils proposent tous des offres dédiées telles qu’AWS Wavelength et Local Zones (Amazon), Azure Edge Zone (Microsoft) et Global Mobile Edge Cloud (Google).

Accompagner le développement de l’IoT et de la 5G

Avec de tels atouts, l’edge computing ne peut que se développer dans les prochaines années. Il permettra d’absorber l’augmentation exponentielle du nombre d’objets connectés. L’edge computing est, par ailleurs, étroitement associé au déploiement de la 5G. Si le nouveau standard de téléphonie mobile offre plus de bande de passante et de débit, il ne peut tenir seul la contrainte de temps réel que nécessitent certaines applications critiques. Ce n’est qu’en associant la 5G à l’edge computing que pourra se concrétiser la promesse d’un temps de latence de l’ordre de la milliseconde.

Avec son étude « Cloud Computing : enjeux clés & grandes tendances en France », réalisée au printemps 2020, le cabinet Markess by exægis a analysé les priorités des DSI et CTO français dans le domaine du cloud. Ces derniers ont notamment mis en avant les besoins de gestion de données dans le traitement et l’analyse, la création d’écosystèmes locaux et verticaux et l’évolution vers des écosystèmes ouverts et interconnectés. Des enjeux qui relèvent de l’edge computing.

Autre enseignement de l’enquête : si 48 % du parc applicatif des entreprises devraient basculer ou être hébergés dans le cloud public, 42 % des décideurs privilégieraient des « stacks » applicatifs privés, qui s’installent sur des infrastructures choisies. Les décideurs interrogés par Markess by exægis entrevoient un très grand nombre de cas d’usage liés à l’edge computing. On peut notamment citer le pilotage de lignes de production industrielle et d’entrepôts logistiques, la maintenance prédictive, les expériences immersives en réalité virtuelle ou augmentée, la vision par ordinateur (computer vision) ou les initiatives de smart building et de smart city.

Partenariats entre opérateurs et hyperscalers

Du côté de l’offre, la notion de proximité inhérente à l’edge computing conduit à intensifier les partenariats entre opérateurs et hyperscalers. Cet été, Orange et Google Cloud ont annoncé un partenariat stratégique, dont un volet est consacré à l’edge computing. Il s’agit de proposer des offres couplées « dans le cadre de l’arrivée des réseaux 5G en Europe et de l’intégration de plus en plus forte du cloud dans les réseaux », indique le communiqué de presse. Les deux partenaires prévoient également la création d’un laboratoire d’innovation dans ce domaine.

Dans ce type de partenariat, un opérateur apporte son expertise dans la gestion des infrastructures réseau et de la cybersécurité tandis qu’un hyperscaler peut faire valoir sa connaissance dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la data analytics ainsi que sa maîtrise des architectures de cloud public. Objectif: développer ensemble les futurs services d’edge computing, flexibles et sécurisés.

De son côté, Orange Business Services s’est associée à Dell Technologies et Ekinops afin de proposer une solution d’équipement universel sur site client (uCPE, Universal Customer Premise Equipment) afin de favoriser la transition des réseaux virtualisés vers l’edge computing. À noter enfin qu’OBS a synthétisé les grands enjeux de l’edge computing et les principaux enseignements de l’étude de Markess by exægis dans un livre blanc.

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